17 mai 2026
Réélu à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (Ppa-CI) à l’issue du premier congrès ordinaire du parti, l’ancien président Laurent Gbagbo a créé la surprise, samedi 16 mai 2026, en annonçant une prochaine délégation de ses pouvoirs à la tête de la formation politique, tout en excluant toute idée de succession immédiate. Face à des milliers de militants mobilisés, à l’occasion de la quatrième édition de la fête de la renaissance du Ppa-CI, Laurent Gbagbo a expliqué qu’une nouvelle phase d’organisation interne du parti s’ouvrira après la tenue des congrès électifs des structures spécialisées.
« Dans quelques jours, nous allons organiser un congrès électif pour les jeunes et ensuite pour les femmes », a annoncé Laurent Gbagbo, précisant que le calendrier de ces échéances internes serait dévoilé à partir du lundi 18 mai 2026.
Dans un discours mêlant organisation politique et réflexion stratégique, l’ancien chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté sur ses intentions. « Après ces congrès, je vais déléguer les pouvoirs du président. Mais attention, je n’ai pas dit que je vais nommer mon successeur », a-t-il insisté, devant une foule attentive.
Recourant à une métaphore imagée pour illustrer cette transition organisationnelle, Laurent Gbagbo a indiqué : « Comme je ne peux pas courir pour aller au marché, c’est lui qui va courir pour aller au marché », laissant entendre qu’un responsable du parti pourrait assurer davantage les tâches opérationnelles du quotidien.
Sans dévoiler l’identité de la personnalité concernée ni préciser les contours exacts de cette redistribution des responsabilités, le président du Ppa-CI a entretenu le suspense sur son propre rôle futur. « On va voir si je peux danser en allant derrière ou en allant devant. Ça va dépendre », a-t-il déclaré, sous les applaudissements des militants.
Au-delà des questions internes au parti, Laurent Gbagbo a consacré une partie de son intervention à l’actualité régionale, exprimant sa vive préoccupation face aux crises sécuritaires qui secouent plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Mali. Il a condamné les attaques armées visant le régime du président de transition Assimi Goïta et évoqué la situation sécuritaire complexe du pays, confronté selon lui à plusieurs foyers de rébellion.
Plaidant pour une réponse collective du continent, il a appelé l’Union africaine à renforcer les mécanismes d’intervention face aux crises. « Il faut que les Africains s’organisent pour intervenir dans les pays où les rébellions sévissent », a-t-il soutenu, estimant que le développement du continent reste intimement lié à sa stabilité politique. Enfin, abordant les tensions au Moyen-Orient, Laurent Gbagbo a réaffirmé sa position sur le conflit israélo-palestinien, estimant qu’une paix durable demeure impossible sans la reconnaissance d’un État palestinien souverain. Par cette sortie politique à forte portée symbolique, le président du Ppa-CI affiche sa volonté de réorganiser son parti tout en conservant une influence majeure sur les débats politiques nationaux et internationaux.
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