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09 juillet 2026

LES SEPT PILIERS DU PACTE SOCIAL PRÉSENTÉ PAR TCHEIDE JEAN GERVAIS

LES SEPT PILIERS DU PACTE SOCIAL PRÉSENTÉ PAR TCHEIDE JEAN GERVAIS VICE PRESIDENT EXECUTIF - Commissaire General du Pacte social PROPOS LIMINAIRES Pour reconstruire les fondements de notre Nation avec la participation de tous, je vous propose un Pacte social reposant sur sept piliers. PILIER 1 — DÉMOCRATIE, JUSTICE SOCIALE ET SERVICE PUBLIC Bâtir des services publics performants pour une meilleure justice sociale Pour une meilleure justice sociale, nos services publics doivent être efficaces. Cela implique un personnel motivé, des méthodes et procédures de travail appropriées et maîtrisées, des outils de travail modernes et efficaces, ainsi qu'une bonne gouvernance. Ces dernières années, les gouvernements successifs ont initié plusieurs réformes, notamment la motivation des fonctionnaires par des ajustements de salaires et l'adoption de profils de carrières pour certains corps, ainsi que l'amélioration et la modernisation des méthodes de travail avec le lancement de la digitalisation. Cependant, de graves insuffisances persistent, telles que l'opacité dans l'attribution des marchés publics, la fraude qui entache l'organisation des concours administratifs, la corruption et les détournements de deniers publics, l'aliénation et la spoliation du patrimoine de l'État, autant de facteurs qui compromettent la qualité du service public. Malgré les déclarations de principe, rien n'est fait pour lutter efficacement contre la corruption, le clientélisme et autres maux. La corruption doit être traquée et réprimée avec sévérité, quels que soient la qualité et le rang des coupables. Personne ne doit être protégé, pas même le Président de la République ou ses proches. À ce stade, il est crucial de déconstruire l'idée reçue selon laquelle il faut faire de la politique pour être riche ou il faut être riche pour faire de la politique. La politique et la fonction publique ne sont pas des voies d’enrichissement. Il y a une nouvelle mentalité à cultiver, un imaginaire à réinventer en éliminant l'idée fausse selon laquelle la politique est un tremplin pour l’enrichissement personnel. Les insuffisances constatées sont aggravées par la politique de « rattrapage ethnique », qui sape lourdement les fondements républicains des services publics. Pour bâtir des services publics efficaces dans l'Administration, la Santé, l'Éducation-Formation, la Justice, la Construction et l'Urbanisme, ainsi que dans les autres services sociaux de base, mes priorités sont les suivantes : rétablir les fondements républicains de l'Administration, accélérer la numérisation et l'innovation, cultiver la bonne gouvernance, optimiser la gestion des ressources humaines et moderniser les moyens et le cadre du travail. La mise en œuvre de ces priorités permettra d'assurer un accès équitable à : - une Administration républicaine et efficace, - un système d'éducation-formation adapté aux besoins du marché du travail, - un système de santé performant et accessible, - une protection sociale garantissant le bien-être des populations, - un système judiciaire moderne et rassurant, - un cadre de vie et un habitat décents intégrant l'hydraulique humaine et l'électrification rurale, - des modes de transport public accessibles. Promouvoir la démocratie : La démocratie se manifeste par les élections, les débats et les manifestations. Chaque citoyen doit avoir la liberté de s'exprimer sans crainte. La lutte pour la démocratie consiste à garantir que chacun, en particulier les jeunes, puisse s'exprimer librement. L'arrestation des jeunes ces derniers mois a suscité la peur parmi la population. Nous ne pouvons et ne devons pas approuver cela, car la démocratie repose sur le débat. Il ne faut pas être tenté de revenir en arrière (le parti unique) mais plutôt de s'attacher au débat et choix pluriels. L'expression plurielle est essentielle au développement. Lorsque les gens sont mécontents, ils doivent avoir le droit de manifester et de parler. Chaque pays a connu un processus qui a mené à la mort ou à la renaissance de la démocratie. En Côte d'Ivoire, une pratique méthodique de démolition du parler pluriel est en cours, instaurant de facto un système de parti unique et restreignant la liberté d'expression, comme avant 1990. Nous, qui réclamons la démocratie, entendons mettre fin à cette pratique qui cherche à nous ramener à une époque où la Côte d'Ivoire avait institué le parti unique, caractérisé par le parler unique, la candidature unique et l'absence de débat démocratique. Le débat pluriel est une exigence. C’est le socle d'une démocratie véritable et d'un développement réel. Il est impératif de revenir au débat pour résoudre les problèmes du pays, car c'est ainsi que la démocratie pourra rassembler notre Nation. Ce sont les dictateurs qui répriment les voix dissidentes. Par exemple, c'est le dictateur César qui a tué Cicéron le parleur. Et la démocratie ne peut être atteinte par la force des armes. Celui qui accède au pouvoir par les armes ne peut jamais être un démocrate. Mon rêve est de voir une Côte d'Ivoire où chaque citoyen(ne) puisse s'exprimer librement, sans crainte de représailles ni d'arrestation, une Côte d'Ivoire sans prisonniers d'opinion. Renforcer la justice sociale : Nous défendons les principes de la préservation de l’intérêt général et de l'égalité : égalité entre les citoyens, égalité des chances, égalité de traitement et dignité partagée. Ainsi l’accès aux soins de santé et l’école gratuite sont essentiels à la promotion de la justice sociale. Instauration d’une Assurance Maladie Universelle (AMU) L'AMU, partie intégrante de la justice sociale, a été instaurée en France en 1945, en reconnaissance du rôle crucial des femmes pendant la guerre. Leur contribution a mis en lumière l'importance de soutenir les femmes et leurs enfants. L'assurance maladie universelle est un système de cotisation où chacun contribue à une caisse commune, permettant de soigner tous ceux qui en ont besoin. Fondée sur les principes d'entraide et de solidarité, l'AMU vise à aider les plus vulnérables de la société. Elle incarne la solidarité active à l'échelle nationale et contribue à promouvoir l'égalité des citoyens dans l'accès aux soins. Notre ambition est qu'aucun Ivoirien ne soit laissé pour compte, notamment en matière de santé. L'école gratuite et obligatoire Je suis toujours favorable à la suppression de l'obligation du port de l'uniforme scolaire que je considère comme un obstacle à l'égalité des chances. Lors de mon mandat présidentiel, j'avais interdit l'uniforme scolaire après avoir constaté que de nombreux parents n'avaient pas les moyens de l'acheter pour leurs enfants, même à une époque où les Ivoiriens étaient moins pauvres qu'aujourd'hui. Aujourd'hui encore, de nombreux enfants sont privés d'école faute de moyens pour acheter un uniforme, un problème qui touche aussi bien les zones rurales qu'urbaines. Bien que ceux qui le souhaitent puissent continuer à faire porter l'uniforme à leurs enfants, je suis pour la suppression de son caractère obligatoire. Je préconise également l'école obligatoire et gratuite jusqu'à 18 ans, la fourniture de manuels scolaires et la suppression des frais scolaires au primaire. Nous avons toujours affirmé que le progrès devait profiter à tous les Ivoiriennes et Ivoiriens, indépendamment de leur origine sociale ou géographique. Or, force est de constater qu'en Côte d'Ivoire, l'école et l'hôpital sont privatisés, et que l'État lui-même est en passe de l'être, les privilèges étant réservés à un seul clan. La justice sociale est donc une nécessité impérieuse. À cet égard, nous devons rejeter le principe du « rattrapage ethnique » tant comme modalité de sélection que comme instrument de mesure du mérite, car cette pratique n'a aucune justification. Le rattrapage ethnique est un poison. Nos propositions pour instaurer la démocratie et la justice sociale en Côte d'Ivoire reposent sur l'exercice effectif des droits fondamentaux des citoyens dans le cadre d'un État de droit. Pour y parvenir : -Les libertés d'expression, de réunion et d'association doivent être protégées par un cadre légal non dissuasif, mais protecteur. Les infractions liées aux opinions et à la presse doivent être réexaminées. -Le maintien de l’ordre public opposé aux citoyens pour justifier les entraves aux libertés, ne doit pas servir à la répression ou à la préservation de la quiétude du pouvoir. -Le débat, qu'il soit initié par des associations, des personnes morales ou des individus, doit être la norme en matière de libertés. Il est le véritable garant de la démocratie. -La liberté doit être la norme, et toute incarcération ou détention préventive dans le cadre de procédures judiciaires doit être justifiée par des motifs de sécurité strictement définis par la loi. -Les tortures et autres formes de contraintes physiques doivent être abolies de manière permanente. Tout citoyen incarcéré qui peut prouver avoir été soumis à de telles méthodes doit être immédiatement libéré et indemnisé pour les dommages subis. -Tout magistrat reconnu coupable de violations des droits de l'homme sera poursuivi. Les droits humains et les libertés publiques doivent être respectés et garantis pour tous les citoyens, qu'il s'agisse de hautes personnalités ou d'Ivoiriens ordinaires. Il est essentiel d'apprendre à respecter chacun. Malheureusement, aujourd'hui, certains ont droit à la dignité, tandis que d'autres en sont privés. L'accès à la justice doit être amélioré par : -La poursuite du rapprochement des institutions judiciaires des citoyens, avec une section de tribunal dans chaque sous-préfecture, un tribunal dans chaque préfecture et une cour d'appel dans chaque chef-lieu de région. -La présence d'une structure dédiée à l'assistance judiciaire au sein de chaque tribunal, en étroite collaboration avec l'ordre des avocats. -La mise en place au niveau des communes d'une formule d'assistance juridique universelle pour les citoyens, en collaboration avec l'ordre des avocats. PILIER 2 — CHERTÉ DE LA VIE ET POUVOIR D'ACHAT La cherté de la vie s'explique en partie par le poids de la dette à rembourser. Lorsque j'ai accédé au pouvoir en 2000, j'ai hérité d'une dette d'environ 8 000 milliards de francs CFA. En quittant le pouvoir en 2011, grâce à l'initiative PPTE, j'ai réussi à la réduire à 2 000 milliards de francs CFA. Le niveau de la dette actuelle est alarmant : la Côte d'Ivoire doit plus de 33 159 milliards de francs CFA. On peut se demander : pour quoi travaillons-nous ? Pour quoi nous endettons-nous ? La réponse est probablement que c'est pour doter la Côte d'Ivoire des infrastructures que nous voyons. Bien que cela ne soit pas intrinsèquement mauvais, la réaction des populations lucides, qui affirment qu'on ne mange pas les ponts, est révélatrice de leurs attentes réelles : pouvoir se nourrir, se soigner, avoir un toit et scolariser leurs enfants. Car, soyons clairs, c'est cet endettement massif qui pèse sur le pouvoir d'achat. Concernant le pouvoir d'achat, notre position est la suivante : le développement doit se mesurer à l'aune de la vie quotidienne. La croissance ne se limite pas aux chiffres. La réalité du développement réside dans le ressenti des populations qui justifie les choix et la gouvernance. Il faut donc faire en sorte que la croissance économique se ressente effectivement au quotidien. Actuellement, la croissance est certes élevée, mais les gens ne mangent pas à leur faim ; certains même pas du tout. Cela indique que les fruits de la croissance ne se ressentent pas dans les assiettes La politique sociale doit permettre de vivre décemment, de se soigner dignement, d'éduquer ses enfants et de préparer l'avenir avec sérénité. Le véritable développement commence par la réalisation de centres de santé, d’écoles et de lycées au plus près des populations. S’y ajoute la sécurisation du foncier rural pour permettre l’autosuffisance alimentaire notamment. Pour ce faire Il est impératif de légiférer pour sécuriser la terre et la restituer à ses véritables propriétaires. 6 Ce sont là des priorités essentielles pour les Ivoiriennes et Ivoiriens, et elles doivent être mises en oeuvre avant de se lancer dans des projets prestigieux. PILIER 3 — DROITS DE L'HOMME ET PROTECTION DES CITOYENS Chaque homme vivant en Côte d'Ivoire mérite d'être respecté et d'avoir ses droits fondamentaux protégés. Cela implique que l'État doit veiller à ce que ses citoyens aient accès aux besoins essentiels tels que la nourriture, les soins de santé, l'éducation et un logement décent. Le non-respect de ces droits constitue une violation des droits de l'homme. La situation à Koumassi-campement, par exemple, est inacceptable et constitue un scandale, une véritable violation des droits de l'homme. La liberté d'expression et de manifestation sont des droits inaliénables. Les prisonniers d'opinion actuellement incarcérés en Côte d'Ivoire sont privés de leurs droits fondamentaux. Emprisonner quelqu'un pour ses idées ou l'empêcher de manifester constitue une violation d'un droit fondamental. Personne ne devrait être emprisonné pour ses opinions. Le non-respect des droits des détenus, tels que le refus de visites, constitue également une violation des droits humains. De même, la modification frauduleuse de la Constitution est une violation de l’état de droit, notamment du droit des citoyens à choisir librement leurs dirigeants. La prise du pouvoir par les armes constitue également une violation de ce droit. Pour protéger les droits des citoyens et garantir une indépendance réelle des pouvoirs judiciaires, il est crucial de mettre en place des mécanismes pour empêcher toute modification frauduleuse de la Constitution. L’élection des magistrats des Hautes Juridictions pourrait être un moyen d’éviter la collusion entre le pouvoir judiciaire et l'Exécutif. Mon rêve pour la Côte d'Ivoire est de voir le respect de la Constitution, plutôt que son tripatouillage par des chefs d'État cherchant à se maintenir au pouvoir. PILIER 4 — EMPLOI DES JEUNES ET ENTREPRENARIAT Il est indéniable que la fonction publique ne peut absorber l'ensemble des jeunes diplômés issus de nos universités et grandes écoles. Ils doivent donc créer leurs propres emplois. À cette fin, il est crucial de leur offrir la possibilité d'entreprendre. Bien entendu, cela ne signifie pas les abandonner à leur sort. Dans ce processus, ils doivent bénéficier du soutien de l'État, d'abord par la formation professionnelle, puis par l'accès au crédit bancaire. Il est crucial de réinstaurer les vertus du mérite, de réapprendre les valeurs du travail et d'encourager la prise d'initiative au sein de cette génération. Le moment est venu de voir émerger une nouvelle génération de jeunes hommes et femmes d'affaires Ivoiriens, et l'État doit les soutenir dans cette voie. Cela peut se faire par le biais de mesures d'incitation aux entreprises qui recrutent les jeunes, en particulier pour leurs premiers emplois. Par ailleurs, il est essentiel d'inciter les jeunes à s'investir dans le secteur agricole. L'objectif n'est pas de créer des jeunes agriculteurs, mais des jeunes Ivoiriens, chefs d'entreprise dans le domaine agricole (agro-business). Pour ce faire, il convient de développer l’agro-business en accordant des facilités fiscales pour la mécanisation. Il est dans ce cadre urgent de réexaminer les conditions d’importation des véhicules et engins usagés. De plus, il est primordial de favoriser un environnement des affaires sain, où la réussite d'une entreprise ne dépend pas de liens avec le pouvoir. Assainir l'environnement des affaires, c'est offrir les mêmes chances à tous, certes, mais aussi prioriser et protéger les Ivoiriennes et Ivoiriens dans l'entreprenariat. À cet effet, il est nécessaire de réexaminer le code des investissements en Côte d'Ivoire afin de promouvoir et d’accroitre la participation des Ivoiriens au capital des entreprises commerciales et industrielles. L’État devra également réserver une part substantielle de la commande publique aux entreprises nationales. Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, protéger les Ivoiriennes et Ivoiriens ne signifie pas exclure les étrangers. Protéger les Ivoiriennes et Ivoiriens est le devoir d'un État responsable. Enfin, et parce que le Pacte social vise à ce qu'aucun Ivoirien ne soit laissé pour compte, il est essentiel de favoriser le retour ou l'investissement des Ivoiriennes et Ivoiriens de la diaspora et d'en faire des partenaires privilégiés dans le développement du pays. Le Pacte social est destiné aux Ivoiriennes et Ivoiriens. Il faut permettre à tous ceux qui le souhaitent de rentrer en Côte d'Ivoire pour y vivre, car c'est leur pays. Aucun Ivoirien ne doit être empêché de rentrer chez lui faute de perspectives d'intégration réussie. PILIER 5 — FEMME ET FAMILLE La famille est le noyau de la société, et la femme en est le socle. Construire une société forte aujourd'hui implique de renforcer les droits des femmes et leur autonomie par l'accès à la formation et aux financements. Il est primordial de garantir aux jeunes filles un accès égal à la formation. Pour préserver la dignité des jeunes filles, il est essentiel d'éliminer certaines pratiques et de faciliter l'accès à certaines commodités, telles que le logement dans les zones rurales. Le retour aux internats pourrait constituer un moyen efficace de lutter contre les grossesses précoces. De plus, rapprocher les établissements secondaires des zones rurales contribuerait à réduire le décrochage scolaire. Nous militons pour un accès facilité des femmes aux financements et à la propriété. En tenant compte des traditions et spécificités régionales, il est crucial d'engager des dialogues sectoriels avec les autorités traditionnelles afin de faciliter l'accès des femmes à la terre, tout en respectant les us et coutumes. Promouvoir et encourager l'émergence d'une nouvelle génération de femmes entrepreneures Ivoiriennes est primordial. La création de guichets bancaires dédiés à l'investissement et à l'accompagnement des femmes entrepreneures serait un atout considérable. Il est également important d'accompagner les femmes en situation de vulnérabilité par des mesures spécifiques en cas de grossesse, deuil infantile notamment. Mon rêve pour la Côte d'Ivoire est de voir des femmes bien formées dans leurs domaines de compétences, jouissant d'une égalité des chances avec les hommes, que ce soit en milieu rural ou urbain. PILIER 6 — DÉCENTRALISATION ET DÉVELOPPEMENT LOCAL La décentralisation Pour nous, la décentralisation représente une approche alternative pour promouvoir un développement équitable. En observant la carte du pays, on constate que tous les efforts de développement sont concentrés à Abidjan, et dans une moindre mesure, à Bouaké et Korhogo. Ailleurs, aucune initiative n'est envisagée. Pour remédier à cette situation, il est essentiel de développer toutes les régions en créant des Conseils Généraux de département. Ces Conseils de département seront regroupés en Conseils Régionaux. Le transfert de compétences à ces circonscriptions territoriales sera réalisé afin de les rendre autonomes. Les Conseils de département réaliseront les investissements utiles à l’amélioration de la vie quotidienne (écoles, lycées, cadre de vie, voiries urbaines, etc.). Quant aux Conseils régionaux, ils auront en charge la structuration du développement au niveau supérieur (Universités, CHU, Infrastructures de transport régionales, Création d’industries, etc.) Le développement de pôles économiques régionaux D'importantes disparités géographiques persistent entre Abidjan, la capitale économique, et le reste du pays. La seule ville d'Abidjan et ses environs représenterait 80% de l'activité économique du pays contre 20% pour l'intérieur du pays. Cette situation est à l'origine de l'accroissement démographique rapide de la ville d'Abidjan, l'exode se faisant de l'intérieur vers Abidjan avec une demande sociale qui explose. Les importants investissements effectués ces dernières années ou en cours à Abidjan ne suffisent pas à désengorger Abidjan des embouteillages interminables. A l'instar de San-Pedro, qui a été bâti grâce à l'Autorité pour l'aménagement de la Région du Sud-Ouest (ARSO), de 1969 à 1980, il faut créer de nouveaux pôles de développement dans le souci d'équilibrer le développement économique sur l'ensemble du territoire national. Il conviendra de créer dix (10) nouveaux pôles de développement après des études préliminaires sur les avantages comparatifs de chacune des régions du pays. Ces pôles pourraient avoir pour ancrage Bouaké, Korhogo, Bondoukou, Agboville, Adzopé, Odienné, Man, Gagnoa, Daloa et Aboisso. Le transfert de la capitale En 1983, Yamoussoukro a été choisie pour devenir la capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire. Pour concrétiser cette décision, j'ai créé en octobre 2002 le Programme Spécial de Transfert de la Capitale à Yamoussoukro (PSTCY). Bien qu'ayant été utilisé comme argument de campagne en 2010, le Président Alassane Ouattara a abandonné le transfert de la capitale en janvier 2012. Cela n'est pas surprenant, car Abidjan est la capitale héritée de la colonisation. Yamoussoukro est la seule capitale que les Ivoiriennes et Ivoiriens ont eux-mêmes choisie et décidée de se donner après Bassam, Bingerville et Abidjan. Transférer la capitale à Yamoussoukro, c'est rétablir la fierté et la dignité ivoirienne. PILIER 7 — RÉCONCILIATION NATIONALE ET COHÉSION SOCIALE Depuis le décès du Président FHB, la Côte d'Ivoire a traversé une série de crises qui ont laissé le tissu social en lambeaux, notamment après la crise post-électorale de 2010-2011. Les divisions persistent, et les cœurs sont encore lourds de rancœurs, de frustrations, d'amertumes et d'esprit de vengeance, exacerbés par la justice des vainqueurs et le rattrapage ethnique en cours. La réconciliation tant attendue par la majorité des Ivoiriennes et Ivoiriens reste un rêve lointain. Au lieu de placer l'humain au cœur de sa politique, le régime actuel a privilégié une croissance économique qui ne profite qu'à son clan et à des infrastructures dont l'utilité est souvent discutable. Nous sommes convaincus que la Côte d'Ivoire ne pourra progresser durablement qu'en renouant avec le dialogue et le respect mutuel. Concernant la cohésion, l'intégration et l'hospitalité, nous pensons qu'elles ne doivent pas se faire au détriment des Ivoiriennes et Ivoiriens, ni dans le faux et les faux-semblants. Pour notre Histoire récente, seule la vérité pourra apporter réconfort aux victimes et favoriser la réconciliation. Je suis convaincu qu'il est impératif de juger tous les événements survenus en décembre 1999, janvier 2001, septembre 2002 et avril 2011, où des armes ont été utilisées. Ce n'est pas une option, mais un devoir national, un principe de vérité et de justice. Il est essentiel que la vérité soit établie et que tous ceux qui ont subi des torts soient dédommagés, au-delà de la compensation financière. Il ne s'agira pas d'une justice revancharde, mais d'un devoir de vérité qui garantisse l'unité, l'apaisement et la réconciliation. Une fois la vérité révélée, un appel à l’apaisement devra être lancé afin que le pardon de la Nation soit accordé à ceux qui seront condamnés. Je suis prêt à prendre une part active à un tel appel. Seule la vérité pourra consoler les victimes et rassembler les Ivoiriennes et Ivoiriens. La vérité est le ciment de la réconciliation nationale. Tant qu'elle sera cachée ou dissimulée, la Côte d'Ivoire ne progressera pas. MESURES URGENTES DU PACTE SOCIAL Au cours des cinq dernières années (2021-2025), le taux d'inflation annuel moyen en Côte d'Ivoire s'est situé au-dessus de la norme communautaire de 3 %, avec un pic de 5,2 % atteint en 2022. Cette situation a été induite par la hausse des prix des produits alimentaires, consécutive à une offre insuffisante et le renchérissement mondial des coûts de transport et de l'énergie. Conséquences successives liées à la pandémie COVID-19, au conflit russo-ukrainien et à l'insécurité dans le Sahel qui ont occasionné les perturbations des chaînes d'approvisionnement. Si les mesures prises par le Gouvernement ont permis de ralentir le taux d'inflation et de le ramener en dessous de la barre de 3 % fixée par l'UEMOA, personne ne peut nier l'existence d'une pression persistante sur le coût de la vie. Dire donc que la vie est chère en Côte d'Ivoire est réel et cela ne doit pas entraîner la prison pour celui qui le dit. En effet, les ménages font face à une augmentation importante de leurs dépenses courantes, notamment pour l'alimentation, le transport, l'énergie, le logement et les services essentiels. La situation du logement est devenue critique, un véritable casse-tête pour de nombreux Ivoiriennes et Ivoiriens et personnes vivant en Côte d'Ivoire, qui ont été jetés à la rue à la suite des multiples déguerpissements effectués sous le régime actuel en pleine saison des pluies. Pour une partie de la population, les revenus progressent moins vite que les charges quotidiennes, ce qui entraîne une baisse du niveau de vie réel. Les dépenses liées aux besoins essentiels absorbent une grande part du budget familial et limitent la capacité d'épargne ou d'investissement. Les acteurs du secteur informel, les petits entrepreneurs et les populations rurales restent particulièrement exposés aux variations du coût de la vie. Défi non tenu par la forte croissance Une forte croissance économique doit être inclusive et contribuer concrètement à une amélioration notable des conditions de vie des ménages partout en Côte d'Ivoire. Or, ils sont nombreux les Ivoiriennes et Ivoiriens qui attendent encore leur part de la répartition des richesses, pour l'amélioration de leur niveau de vie. Pourquoi la dynamique économique ne préserve-t-elle pas durablement le pouvoir d'achat et le niveau de vie des populations ? Le danger qui guette la Côte d'Ivoire Les conditions de vie difficiles de beaucoup de ménages expliquent en grande partie : -L'accentuation de la délinquance juvénile (drogue, alcool, prostitution, vol). Au départ, considérée comme un fléau urbain, la drogue est répandue à l'intérieur du pays et même dans les villages. Ainsi, en zone rurale, les vols de cacao, de café, d'hévéa et de graines de palme sont devenus monnaie courante au détriment des paysans, face à l’absence ou l'insuffisance de moyens des forces de défense et de sécurité. -L'existence du phénomène des enfants en conflit avec la loi ou « microbes ». L'existence des microbes qui sont en général des jeunes abusant de stupéfiants et agressifs constitue un danger permanent pour la sécurité des biens et des personnes. À ce sujet, des centres de désintoxication seront créés dans une ville par zone géographique (Nord, Ouest, Est, Centre, Sud). Une loi plus sévère sera prise à l'encontre des trafiquants de drogue. Parce que détruire notre jeunesse, c'est détruire l'avenir de la Côte d'Ivoire. NÉCESSITÉ DE PRENDRE DES MESURES URGENTES Les conditions de vie difficiles des ménages, notamment des jeunes, constituent un terreau favorable au développement des extrémismes. Dès lors, il est urgent de prendre des mesures pour préserver dans la durée le pouvoir d'achat en Côte d'Ivoire. Les principales mesures peuvent s'articuler comme suit : RENFORCER LES REVENUS DES MÉNAGES : Favoriser la création d'emplois stables, améliorer les rémunérations dans les secteurs porteurs et soutenir significativement les activités génératrices de revenus. AGIR DURABLEMENT SUR LES PRIX DES PRODUITS ESSENTIELS : Encourager la production locale, améliorer les circuits de distribution et réduire les facteurs qui renchérissent les produits de base. ALLÉGER LES CHARGES QUI PÈSENT SUR LES FAMILLES : Développer des politiques facilitant l'accès au logement, au transport, à la santé et à l'éducation. Mieux protéger les ménages vulnérables en mettant en place des mécanismes ciblés d'accompagnement pour les populations les plus exposées aux difficultés économiques. Améliorer les revenus des producteurs, notamment ceux du secteur agricole, par la mise en place d'un système assurant des revenus rémunérateurs. Il est impératif d'envisager un meilleur système de prix au niveau du café-cacao, pour garantir un niveau de vie décent aux paysans. Programmer et accompagner une transformation accélérée des produits locaux, notamment agricoles. Procéder à une '' cure d'amaigrissement'' de l'État qui créerait des capacités financières susceptibles d'être affectées à des secteurs manquant de ressources, notamment les structures publiques chargées de l'emploi et les entités publiques d'appui aux PME et ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire). Rechercher la cohésion sociale pour induire un climat totalement apaisé favorable aux affaires et à la création d'emplois partout en Côte d'Ivoire. RÉAFFIRMER QUE LA FAMILLE EST LE NOYAU DE LA SOCIÉTÉ ET LA FEMME EN EST LE SOCLE. Faciliter l'accès des jeunes filles à l'éducation au même titre que les jeunes garçons et mettre en œuvre des actions spécifiques visant à limiter leur échec scolaire, notamment la réinstauration des internats. METTRE EN PLACE UNE JURIDICTION SPÉCIALISÉE pour les cas de viol et d’abus sexuels sur mineures. Faisant exception à la règle générale, le crime de viol doit être imprescriptible. Renforcer les discriminations positives en faveur des femmes dans les postes de responsabilité et de représentation. Protéger les femmes enceintes au moyen d'un régime de prévoyance plus protecteur (durée des congés de maternité). Intégrer dans les prestations sociales de la CNPS et de la CGRAE une période de deuil rémunérée pour la femme qui perd un enfant. Instaurer par l'État, un régime d'aide au logement pour les femmes chefs de famille. Créer des institutions spécialisées dans le financement des projets et activités initiés par les femmes en vue de promouvoir une nouvelle classe de femmes entrepreneuses Ivoiriennes. Assurer une promotion active de l'entreprenariat au moyen de la sensibilisation des populations et de l'accompagnement des jeunes entrepreneurs. Déployer les structures d'innovation et d'incubation à travers le pays. Numériser et décentraliser les guichets uniques de création d'entreprises. Simplifier et alléger le statut de l'entrepreneur avec des avantages fiscaux et douaniers durant les trois premières années. Encourager la création et l'opérationnalisation d'institutions financières adaptées au financement de l'entreprenariat. Renforcer l'expertise des structures de formation et d'apprentissage en vue de la création d’une main d'œuvre de qualité. Adapter la politique d'éducation-formation et d'insertion professionnelle aux besoins de l'économie. Réaliser les stages d'immersion des jeunes dès le cycle secondaire. Développer le statut de l'étudiant-entrepreneur dans toutes les universités (remplacer les stages de fin d'études par des projets de création d’entreprise, en accordant un aménagement d'emploi du temps et un accompagnement académique). Rejoins-nous et adhère au PACTE SOCIAL DE LAURENT GBAGBO pour bâtir une Côte d'Ivoire plus humaine et écrire une nouvelle page de son histoire. PPA-CI
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